Histoire de l'internat : La Revue

 

La « revue » est une tradition ancienne de l’internat qui remonte au début du XXème siècle. La première, intitulée, « la Delpech Revue » fut organisée en 1908 à l’occasion du vingt cinquième anniversaire de l’association des anciens internes des hôpitaux de Montpellier fondée en 1883. Il s’agissait d’une pièce de théâtre dans laquelle la statue du professeur Delpech, réveillée par le chant des internes « les adieux de l’interne », allait se mêler à eux pour une folle nuit. Il s’agissait d’une pièce de circonstance faisant la satire de la vie politique et hospitalière de l’époque et qui prenait soin d’égratigner au passage l’administration qui venait de s’en prendre violemment à l’internat en décidant l’«extériorisation". Il faudra attendre 1934 pour voir jouer une seconde édition de la « Revue » à l’occasion du cinquantième anniversaire de l’association. Ce n’est finalement qu’à partir de 1952 que la Revue sera jouée annuellement jusqu’en 2000 (sauf en 1984) puis, en raison du travail de préparation très important que l’organisation de celle-ci implique, seulement tous les deux ans en alternance avec un simple bal. Les figures de la médecine montpelliéraine sont ainsi « chantées », pastichées avec plus ou moins de causticité par leurs jeunes confrères. C’est l’occasion pour les plus jeunes de rappeler à leurs aînés leurs origines et de stigmatiser avec irrévérence et malice, parfois même avec un brin de cruauté, leurs travers physiques, leur traits de caractère, leur ambition voire même leurs aventures sexuelles. Parfois, c’est aussi l’actualité hospitalière ou politique qui est brocardée avec malice. Gaston Giraud, qui en fut l’une des victimes favorites de ces chansons, tout comme sa fille et son gendre le Professeur Barjon disait que « la revue associait la satire et le rire » et se faisait « à fleurets mouchetés ». Partageant cette analyse à la fois tendre et belliqueuse, Luc Marty dira que la revue se faisait « baïonnette au canon ». Un comité de censure autoproclamé a toutefois existé et certains textes, jugés non conformes à l’esprit de l’Internat, furent amendés. Heureusement ce temps est révolu, et vous serez libres de vos créations pour l’édition 2015.