L'enterrement des Chefs

 

Tout a une fin dans la vie, y compris la belle vie d'interne et de chef. Pour honorer cette fin de vie, depuis 1972 à Montpellier, est organisé ce qu'on appelle traditionnellement l'enterrement des chefs. 

Il s’agit d’une véritable procession funéraire dans les rues de Montpellier. Un corbillard est loué, tiré par des chevaux, de trait en général, à vapeur quand il est impossible d’en trouver.

Sur celui-ci sont déposés de véritables cercueils dans lesquels ont pris place les chefs enterrés. Le corbillard s’élance, suivi par la procession des internes le plus souvent déguisés, parfois seulement en blouse, avec des bouteilles de champagne ou des torches à la main

Le cortège traverse alors les rues de Montpellier, d’un hôpital à l’autre au son des paillardes ou autres chanson d’internat en guise de De Profundis.

Traditionnellement, le convoi partait de l’hôpital Saint Charles, s’arrêtait à la maternité de l’avenue du Professeur Grasset avant de rejoindre l’internat de Saint Eloi en prenant soin au passage de défoncer la barrière de l’hôpital. Depuis la fermeture de Saint Charles et de la maternité, le parcours a été simplifié, il part désormais de l’hôpital Lapeyronie pour se rendre à l’hôpital Saint Eloi. Les barrières, qui se sont renforcées avec le temps, ne sont plus brisées par les gentils internes d’aujourd’hui.

Luc Marty se souvient d’un enterrement exceptionnel à l’occasion duquel un piano avait même été monté sur le corbillard rendant particulièrement joyeuse la macabre mascarade. La soirée s’était toutefois plus mal terminée puisque le piano avait pris feu, brûlant au passage Robert Grolleau.

L’arrivée à son terme de la procession sonne bien entendu le début d’une grande fête donnée en l’honneur de ceux qui quittent le monde de l’internat. Pendant le repas amélioré, des joutes verbales ont souvent lieu entre enterrés et le reste de la troupe. Ce jour là, les enterrés peuvent tout se permettre, ils sont intaxables. Parfois, on exige seulement d’eux qu’ils s’expriment uniquement en alexandrins.

 

Il se termine souvent par une soirée à l'internat de Lapeyronie ou de Saint Eloi, agrémentée de petites attractions sympathiques pour nos chefs adorés qui partent vers de nouveaux horizons...